Chronique.
...
FRANCE.
Le timbre actuel 10 centimes bistre sur rose, avec grands
chiffres, présente une faute sur certaines
feuilles. M. de Ferrari vient de nous adresser cette valeur avec
un 15 centimes grand chiffre, ces deux timbres se tenant :
15 centimes, bistre sur rose.
 |
On se décide enfin à émettre
les nouveaux timbres qui décidément
« ne feront point merveille»
Ce que nous leur trouvons de singulier,
c'est le mot poste qui avait été
écrit jusqu'ici au pluriel.
|
Voici l'avis que publie à ce sujet le journal officiel :
" En exécution d'une décision de M. le ministre des
finances, le type des timbres-poste a été changé et
l'échelle des valeurs a été modifiée ainsi qu'il suit :
» 1° Le timbre-poste a 80 centimes est supprimé:
» 2° Il est créé trois nouvelles valeurs qui sont 20, 75
cent, et 1 franc. En conséquence, le nombre des
timbres-poste du nouveau type se trouve fixé à treize, dont la
valeur nominale et la couleur distinctive sont
indiquées ci-après ;
1 cent, vert éméraude. |
|
25 cent, outre-mer. |
|
2 cent, vert éméraude. |
|
30 cent, bistre. |
|
4 cent, vert éméraude. |
|
40 cent, garance. |
|
5 cent, vert éméraude. |
|
75 cent, carmin. |
|
10 cent, vert éméraude. |
|
1 franc, vert bronze. |
|
15 cent, gris d'acier. |
|
5 francs, lilas. |
|
20 cent, brun rouge. |
|
|
|
» La suppression du timbre de 80 centimes du type actuel aura
lieu lorsque l'approvisionnement des timbres
de cette catégorie existant aujourd'hui en magasin aura été
complètement épuisé.
» L'émission des timbres-poste de 15 centimes commencera vers
le 15 juin courant. Elle sera effectuée successivement
pour les autres catégories, après l'écoulement du stock
existant, pour chacune d'elles, dans les
caisses du garde-magasin central.
» Il est entendu que les timbres-poste de toutes les
catégories, de fabrication antérieure à celle du nouveau
type, qui ont été mis ou qui continueront à être mis en vente
jusqu'à leur entier épuisement, ne cesseront pas
d'être valables pour l'affranchissement des objets de toute
nature confiés au service des postes. »
Le 15 centimes a paru le 12 juin dernier. l'Ami des timbres, qui
tient à être bien précis, nous informe
que c'est le 12 juin au soir; depuis, les 5 et 30 centimes ont vu
le jour le 10 ou 11 juillet et
le 25 centimes a paru le 20 du même mois. Nous trouvons bizarre,
« regrettable » si l'on veut,
l'idée d'imprimer cinq timbres de diverses valeurs en une même
couleur. Nous sommes d'accord
avec l'Ami, que « cela causera bien des ennuis au commerce et
aux employés des postes. »
Pauvre commerce ! malheureux employés ! !
...
Page 61 - Les timbres de Tours (1).
Le Bulletin de la Société française de timbrologie a rendu
compte, dans son 3eme fascicule de
1876, d'une note lue en séance par le secrétaire de la
Société, relativement à une prétendue émission
de timbres-poste, qui, suivant le journal The Philalelist, aurait
été faite à Tours, pendant
la guerre de 1870. L'auteur de la note, comparant ces timbres
avec ceux de Bordeaux, concluait à
leur identité d'origine, c'est-à-dire à une méprise de la
part du journal anglais.
Les conclusions de cette note sont aujourd'hui pleinement
confirmées par les renseignements
que M. H. Delebecque, directeur de la Monnaie de Bordeaux, vient
d'adresser à M. le Président de
la Société française de timbrologie. Dans sa lettre, que nous
résumons ici, M. le directeur nous
apprend, entre autres détails, que la fabrication des
timbres-poste, depuis la fin du mois d'octobre
1870, jusqu'au 18 mars suivant, avait été centralisée à
l'hôtel des Monnaies de Bordeaux,
dans les ateliers spéciaux que la direction avait fait établir.
Tous les travaux relatifs à la confection
des timbres, y compris les opérations d'expédition, étaient
confiés exclusivement aux ouvriers
de ces ateliers, sous la haute surveillance de M. le Directeur de
la Monnaie, et avec le concours
de M. de Maintenant, inspecteur général des finances, et de M.
Lapouyade (2), directeur des
postes de la Gironde, conformément à une décision rendue par
M. le ministre des finances, en
date du 19 octobre 1870.
Il n'y a donc eu, à cette époque, et en dehors des ateliers de
Bordeaux, aucun autre centre de
fabrication en province, pour les timbres-poste, et M. le
directeur de la Monnaie déclare que l'on
doit considérer comme faux tous les spécimens d'origine non
bordelaise. Il ajoute que la méprise
du Philatelist s'expliquerait par le fait que le timbre de
Bordeaux n'avait pas été admis définitivement,
la délégation de Tours ayant reçu, par ballon, au moment même
où ce timbre lui était
présenté, un timbre de Paris (modèle de 1848); cette
réception fut cause que le Gouvernement,
renonçant à sa première idée, engagea M. Delebecque à
imiter, autant que possible, le modèle
de 1848, afin que le public n'eût pas sous les yeux deux timbres
différents, représentant la même
valeur.
La gravure du timbre de Bordeaux fut brisée, en présence de M.
le directeur des postes de la
Gironde, et un procès-verbal, dressé régulièrement, constate
cette destruction.
Quant aux initiales placées sur le modèle de Bordeaux, la
lettre A figurait le nom du graveur,
M. Augé-Delille; la lettre D, le nom de M. Delebecque; la lettre
K était la marque particulière
aux monnaies frappées à Bordeaux, et la lettre X désignait
l'administration des postes.
(1) La découverte de ces timbres est due aux savantes et
multiples recherches de Diogène !
(2) Orthographe réelle du nom de ce fonctionnaire supérieur des
postes.
Page 62 - Société Française de
Timbrologie.
Séance du 6 juillet 1876.
Présidence de M. De Bosredon.
La séance est ouverte à huit heures et demie.
Après lecture du procès-verbal, il est donné connaissance de
la correspondance qui comprend :
Une lettre de M. Bache Me E. Whitelock, membre correspondant qui
parle de l'enveloppe du centenaire
des Etats-Unis, dont il existe trois variétés: la première
avec timbre vert et papier au filigrane des enveloppes;
la seconde rouge et la troisième verte avec le filigrane U. S.
C. 1876. Ces enveloppes, fabriquées à Philadelphie,
dans l'enceinte de l'Exposition, sont vendues par le bureau de
poste y installé, et dans quelques-uns
des plus grands bureaux du pays pour servir jusqu'en octobre
prochain. Le dessin représente les divers moyens
de transport des malles-postes au commencement et à la fin du
centenaire.
Une lettre du Dr Moschkau remerciant la Société de l'avoir
admis et lui faisant hommage de ses divers ouvrages
sur les timbres.
Une lettre de M. le baron Aymar de St-Saud, indiquant une
variété de carte française déjà connue et
une seconde où le mot janvier présente un a retourné.
Une lettre de M. Clédat de Lavigerie montrant un 20 reis des
Açores de 1870, avec une surcharge différente
de celle connue et un timbre français de connaissements de 1
fr., imprimé en violet et noir sur moiré
bleu au lieu de vert et noir.
Sont admis comme membres correspondants :
MM. A. Vasquez, de Madrid, et Tiffany, de St-Louis, Etats-Unis.
M. De Bosredon présente deux cartes-postes françaises de
création particulière et la traduction de l'abrégé
de la Législation philatélique de l'Espagne, extrait de la
Revista de Correos et envoyé par M. Pardo de Figueroa.
Il signale deux points de ce travail, d'où il résulte qu'en
1868, M. Diego Castell fut autorisé à envoyer en franchise
dans toute l'Espagne, une brochure spéciale qu'il affranchissait
avec un timbre de sa composition qui est
resté inconnu. Même faveur a été accordée en 1870 à la
Société de statistique.
M. De Bosredon propose la fondation d'une bibliothèque composée
de tous les ouvrages qui seraient
offerts à la Société, ouvrages qui seraient mis à la
disposition des sociétaires. Après quelques observations,
la proposition est adoptée à l'unanimité, et M. De Bosredon
est nommé bibliothécaire.
M. Carreton donne lecture d'un article de la Gazette de
Francfort, qui annonce la faculté d'affranchir les télégrammes
avec des timbres-poste ou télégraphe indifféremment, et de les
jeter dans n'importe quelle boîte
aux lettres. L'expédition dans ces cas est faite sans surtaxe ni
rétribution. Actuellement M. Stephan porte le
titre de directeur-général de toutes les voies de communication
de l'empire d'Allemagne.
L'examen des timbres de Hongrie est commencé et M. Schmidt de
Wilde donne lecture de son projet de catalogue.
Il fait connaître certaines particularités, entre autres:
l'usage exclusif des timbres de journaux par les
administrations de ces derniers; l'impossibilité pour
l'adminisiration d'expliquer pourquoi l'embouchure du
cor est tournée tantôt a droite, tantôt à gauche; la
fabrication d'un million d'enveloppes de 23 kr. violet de
la ler émission et la destruction de ce stock avant tout emploi
: que l'enveloppe actuelle de 3 kr. n'est pas encore
en usage, quoique connue depuis longtemps.
Il montre un essai de la carte de 1874, différent du type connu,
et une collection à peu près complète des
mandats timbrés.
Les enveloppes pour les envois d'espèces, quoique officielles,
ne seront pas admises au catalogue.
La séance est levée à dix heures un quart.
L'ordre du jour de la séance du 3 août porte ;
Etude des timbres de Hongrie (fin).
Timbres de Portugal et de ses colonies.
Page 63 - Enveloppes des Etats-Unis, dites
Plympton.
|