Le Timbre-PosteAnnée 1865

Journal du collectionneur, de Moens en février 1863.

https://archive.org/details/timbreposteetlet18631brus

 

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N°25
8 pages
Janvier 1865

 

Chronique.

...

France. On y avait projeté jadis des enveloppes, mais un graveur parisien ayant soumis à l'administration
une enveloppe reproduite par la galvanoplastie avec une telle perfection qu'on ne distinguait
pas la copie de l'original, le projet fut abandonné. Il doit avoir été repris, si nous en croyons
les lignes suivantes, extraites d'un journal du midi :

« Une prochaine amélioration dans le service des postes est a l'étude, et sa réalisation sera vivement
accueillie par le public.

« Nous voulons parler de Y enveloppe affranchie, dont la poste se fera marchande, comme elle l'était
jusqu'à présent des simples timbres-poste, sous la simple condition d'une remise de 1 pour 100 à ses
soumissionnaires postiers, marchands de tabacs ou épiciers, au lieu de l'ancienne remise de 2
pour 100, qui était déjà bien minime.

« Cette création d'enveloppes gommées revêtues d'un timbre affranchissant de tous les prix, ne
pourra qu'accroître la consommation des timbres-poste qui s'élève , cette année , au chiffre très-
concluant de 52,700,000 et sera le digne complément de celle innovation qui devait, disait-on,
nuire à la correspondance, qui a été, au contraire, quadruplée. »

La même question s'étudiant en ce moment chez nous, nous l'avons examinée sous toutes ses faces
dans un article que l'on verra plus loin.

...

Page 3 - LES BOURIQUES DE 1728 ET LA TÉLÉGRAPHIE DE 1865.

Nous extrayons d'un recueil qui a été publié à Paris, en 1730, sur le service des postes, une ordonnance
fort curieuse par son style et au point de vue des besoins de l'époque :


« Ordonnance du 8 novembre 1728.

« André Hercules, cardinal de Fleury, ministre d'État, grand aumônier de la Reyne, grand maître
« et surintendant général des courriers, postes et relais de France.

« Sur ce qui Nous a été représenté, que nonobstant les ordres réitérez aux Maistres de Postes
« établis sur la route d'Aix à Nice, chargez de la conduite de la malle ordinaire contenant les paquets
« de lettres, de la mener avec toute la diligence requise d'une poste à l'autre ....
« Les dits Maistres de Postes par un abus punissable, négligeant leur devoir à cet égard; bien
« loin d'exécuter l'ordonnance du 20 octobre 1717, ainsi qu'ils y sont obligez, se sont relâchez depuis
« quelque temps jusqu'à ne plus faire ce service par eux-même, et ont la témérité de confier
« la dite malle à des mulletiers, ou à leur déffaut à des enfans qui conduisent des Bouriques, ce
« qui cause des retardemens excessifs, et expose les dépêches du Roy et du Public à être égarées
« ou perdues; à quoy étant nécessaire de pourvoir au plustôt en confirment la susdite ordonnance.
« Nous avons ordonné et ordonnons, etc. »

Nous ne saurions affirmer que MM. les maistres de poste aient mis plus d'empressement à se conformer
aux prescriptions de l'ordonnance de 1728 qu'à celle de 1717 ; à coup sûr la malle qui mettait
de quinze jours à trois semaines pour se rendre d'Aix à Nice, avait grand besoin de stimulant.

Que de progrès depuis cette époque relativement peu éloignée encore ?

Les bouriques qui provoquaient à juste titre les sévérités du surintendant des postes, ont fait place
à des mulets, puis à des chevaux que la vapeur est venue mettre en fourrière pour être distancée ensuite
par un propulseur bien autrement puissant et qui n'a pourtant pas ôté le dernier mot à la science.

Toujours est-il que les bouriques de 1728, mettaient plus de temps à courir une poste que la correspondance
n'en met aujourd'hui d'Aix à Nice; en quelques minutes elle parcourt un trajet qu'il y à
136 ans exigeait de quinze à vingt-cinq jours.
De Rives de Seine,

Page 4 - DES LETTRES CHARGÉES EN BELGIQUE.

- DE M. LE MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS ET DE SES GRACIEUSETÉS ENVERS NOS ARTISTES.

Page 5 - LES ENVELOPPES TIMBRÉES SONT-ELLES RÉELLEMENT UTILES ?

Question que nous nous sommes posée, en apprenant que la Belgique et la France se disposaient
à introduire chez elles ce nouveau mode d'affranchissement et que nous résolvons négativement.

Ces enveloppes offriront, à notre avis, une foule de petits inconvénients mal compensés par quelques
avantages problématiques. Leur défaut capital sera d'être onéreuses, ou pour le gouvernement,
ou pour le public, selon qu'elles seront payées par l'un ou par l'autre. Si l'Etat ne les fait pas payer,
c'est une perte sèche pour le Trésor. Dans le cas contraire, le public leur préférera toujours ses enveloppes
à lui, qui ont la dimension, l'épaisseur et le poids assortis au format de son papier. De ce côté
donc, leur avantage se réduit à zéro.

Elles auront encore un désavantage marqué, comparativement aux timbres adhésifs, en ce sens
que l'on peut appliquer deux, trois ou quatre timbres et plus, sur une lettre, afin de parfaire l'affranchissement,
tandis qu'ayant à affranchir une lettre de 20 centimes, et n'ayant sous la main que des
enveloppes de 10, on ne saurait les employer; à moins que... Oui, mais si l'on permet de découper
les enveloppes pour en appliquer le timbre sur une autre — ce qui ne serait que juste, le timbre représentant
le prix d'un port payé d'avance, — on perd la valeur de l'enveloppe mutilée. Si, au contraire,
à l'exemple du Hanovre et du Brunswick, on défend de les découper : sans préjudice de l'inconvénient
que nous venons de faire ressortir, on sera à chaque instant exposé à perdre la valeur du timbre
si, par inadvertance, l'enveloppe vient à être déchirée, salie, ou qu'il faille la rouvrir, ce qui se
présente fréquemment.

La nouveauté contre laquelle nous nous élevons a été relatée dans tous les journaux quotidiens, dits :
« sérieux, » qui se sont extasiés à l'cnvi sur « celle heureuse innovation, attendue depuis longtemps. »
Elle est appréciée d'une manière toute différente dans une autre feuille, qui a autant d'esprit que de
bon sens, et de bon sens que son illustre patron « Sancho. »Nous sommes heureux que notre manière de
voir concorde avec la sienne et qu'elles tendent toutes deux au rejet de celte fantaisie administrative
dont le trésor esl, sans nul doute, destiné à payer les frais. A noire avis, le gouvernement agirait
sagement en s'épargnant la dépense de quelques milliers d'enveloppes , à moins qu'il n'ait
compté sur les collectionneurs. Nous aimons a croire qu'il laissera cette belle spéculation au prince
de Tour et Taxis cl autres potentats d'Allemagne, pour qui les collectionneurs sont devenus des espèces
de poules aux œufs d'or.

Page 6 - ART ET MÉTIER.

Page 7 - POURQUOI LE CONCOURS N'A PAS ABOUTI.

- LA SANITARY FAIR OU FOIRE DE CHARITÉ AUX ÉTATS-UNIS.

 

N°26
8 pages
Février 1865

 

Chronique.

Page 10 - LA CROIX DE SAVOIE DE NAPLES.

Page 12 - LE TIMBROPHILE ET UN SOI-DISANT ESSAI DE BELGIQUE.

 

 

Dans notre numéro de novembre nous parlions de la vignette ci-contre qu'un marchand français mettait
en circulation sous le titre vague « d'essai. »
Nous disions que cet essai n'était pas sérieux, c'est-à-dire qu'il n'en était pas un. Le Timbrophile,
réfutant notre opinion, prétend que cette vignette a été réellement proposée; il cite à l'appui la date de
la lettre d'envoi, 4 octobre 1861 et la date de la réponse ministérielle, 20 octobre, informant que le
concours était fermé.

D'abord le Timbrophile a-t-il vu ces deux lettres ?
Mettons qu'il les ai vues. Rien de plus facile que d'envoyer des projets au ministère et de plus ordinaire
que de recevoir une réponse : ce ne sont certes pas ces deux lettres qui donneront quelque
valeur à l'effigie ci-dessus. Rien de cela qui vienne infirmer notre dire. sur la consistance de cet essai.
Nous persistons à ne pas le prendre au sérieux, parce qu'on ne se présente pas a un concours quatre
mois après sa fermeture; et puis, nous le répétons, parce que cette vignette est visiblement la
copie servile d'une photographie qui se voit à toutes les vitrines et dont nous possédons un exemplaire.
D'ailleurs, la première condition lorsqu'on se présente à un concours, c'est de remplir scrupuleusement
les conditions du programme. Or, l'auteur de cette vignette, ne s'y est conformé en aucun point.
Nous publions en ce moment le fac-similé de tous les véritables essais qui ont pris part au concours.
Tous ces types sont ridicules à force d'être laids, mais au moins sonlnls strictement conformes au
programme. Le Timbrophile veut-il que nous lui disions la vérité sur son favori. L'auteur se sera
tenu ce langage : « La vogue est aux essais; j'ai ouï dire qu'on demandait un timbre-poste en Belgique,
je ne connais pas le Roi Léopold, mais la photographie est là. Je m'en vais dessiner un timbre quelconque
et l'envoyer. Il ne sera pas admis, cela va sans dire, mais j'aurai fait mon petit essai. Ce n'est
pas plus difficile que cela. » — Ce que l'éditeur a de plus sérieusement essayé, selon-nous, c'est d'exploiter
les collectionneurs.
Quant aux deux types, l'un aux armoiries et l'autre en deux couleurs, que le journal parisien range
dans la même catégorie; ils n'ont pas avec le timbre ci-dessus le moindre rapport, attendu qu'ils ont été
faits bien avant que l'on songeât au concours et qu'ainsi on ne saurait exiger d'eux qu'ils en remplissent
les conditions.

- RENSEIGNEMENTS SUR QUELQUES TIMBRES DE MAURICE.

Mon cher monsieur Moens,

Je vous envoie, sur les timbres de Maurice, les quelques détails qui suivent et qui sont, je pense,
encore inédits. Je les tiens de l'administrateur des postes de Maurice, qui remplissait ces fonctions en
1857 et 1858.

A cette époque il existait, comme on sait, trois timbres : ceux à la déesse ; leurs valeurs, qui n'étaient
pas indiquées, étaient : 4 pence, vert; 6 pence, rouge, et 9 pence, violet.

Ce dernier timbre, ayant été émis quelque temps après les deux premiers, on en fit tirer des épreuves
en gris , à titre d'essai; mais cette nuance ne fut pas adoptée, et on se décida pour le violet. On ne connaît
que quatre exemplaires de cette épreuve grise, dont trois se trouvent dans des collections de
Londres et la quatrième dans une collection française. Cette dernière épreuve, quoique oblitérée,
n'en est pas moins un essai. On mentionne quelquefois, et à tort, un 8 pence violet : ce timbre n'a
jamais existé.

Il est arrivé parfois, mais très rarement, que la désignation de la valeur fut appliquée après coup,
avec un timbre humide, et ce, aux 4 et 9 pence; cela n'ôte rien à la valeur officielle du timbre.
Cette inscription était appliquée à la partie supérieure et cintrée ; la valeur était en toutes lettres :
« Four pence, nine pence. » Cette estampille supplémentaire a été imitée, comme de raison, mais
très maladroitement : le contrefacteur la plaça horizontalement. On a même créé de cette façon des
8 pence, mais ceux-ci sont tout à fait faux.

Londres, 1er décembre 1864.

Tout à vous,
S. D.

Page 13 - LES MYSTÉRIEUX TIMBRES DE GUYANE.

- ART ET MÉTIER.
(Suite. — Voir le N° du 15 Janvier.)

Page 14 - DÉTAILS HISTORIQUES SUR LES POSTES D'ITALIE.

Page 15 - OBSERVATIONS SUR QUELQUES TIMBRES HAWAIIENS.
(Suite. — Voir le N° du 15 décembre 1864).

Page 16 - LE SEGNATASSE ET LE TIMBRE PERIODICI.

 

N°27
8 pages
Mars 1865

 

Chronique.

Page 19 - D'UN ESSAI DIT, DE GARIBALDI.

Page 20 - QUEL EST L'INVENTEUR DU TIMBRE-POSTE ?

Cette question sera bientôt aussi controversée que celle du véritable inventeur de l'imprimerie;
et toute proportion gardée, depuis les quatre ou cinq ans que la collectiomanie des timbres a pris
corps, produit des brochures et des journaux, il ne s'est guère moins écrit sur la grave question
formulée en tête de cet article que sur le lieu de naissance exact de l'imprimerie.

Résumons encore une fois ce qui jusqu'à ce jour était admis sur les timbres.

Velayer, à Paris, en 1653, crée les billets marqués dont il est parlé dans les mémoires de Polisson.
Son innovation ne lui survit pas et l'on arrive jusque 1823, époque ou un M. Treffenberg fait une
tentative infructueuse pour introduire ce mode d'affranchissement en Suède. Plus heureux, enfin,
M. Rowland Hill parvient à faire accepter le timbre; et, sans préjudice des récompenses pécuniaires
que ses compatriotes lui ont votées, il se trouve jouir, au déclin de sa carrière, d'une célébrité
sur laquelle il ne comptait certes pas. Laissons à tous ces innovateurs leur part de gloire; mais
quant aux deux derniers, elle se trouvera légèrement obscurcie par suite d'une découverte que l'on
vient de faire en Italie et qui prouverait que l'idée du timbre ne leur appartient pas.

Notre correspondant de Turin, dont on a pu apprécier tout l'intérêt des renseignements, nous a
louché quelques mots d'un papier postal émis en Piémont de 1818 à 1820. (Voir notre numéro de
novembre 1864.) Nous devons à son extrême obligeance, à ses recherches persévérantes, quelques
exemplaires de ce papier qui a acquis aujourd'hui une véritable importance historique. Avant de le
décrire, il est bon de rappeler les lois qui en ont provoqué la création.

Le décret royal du 12 août 1818, déclarant que le droit de transport des lettres était exclusivement
réservé a la direction générale des postes, admettait néanmoins des exceptions.

« Ceux qui voudront profiter, y était- il dit, des dispositions de l'art. 41, en portant ou expédiant
des lettres par des moyens étrangers à l'administration, devront présenter ou faire présenter
au bureau de poste local les lettres à expédier et en payer le droit.

L'employé notera les lettres en présence du porteur, sur un registre ad hoc, les timbrera et apposera
à l'un des angles de l'adresse le même numéro d'ordre porté à son registre. »

Ces formalités ayant paru longues et onéreuses, l'administration songea à établir un système plus
économique sous le rapport du temps et de l'argent.

Le 7 novembre 1818, on annonça l'émission d'un papier postal timbré (Carta postale bollata) et
les conditions auxquelles son usage était soumis.
Ce papier, fabriqué par la direction générale des postes et sous la surveillance immédiate du surintendant
général, s'achetait dans les bureaux de postes et chez les débitants de tabac qui recevaient
une commission pour la vente. Il était de trois valeurs : 15 centimes, pour les distances de 15 milles;
25 centimes, de 15 à 35 milles, et 50 centimes pour toute autre distance.

Les lettres écrites sur ce papier pouvaient être transportées par qui que ce fût, à la condition
qu'elles n'eussent qu'une seule feuille, pliée de façon que le timbre demeurât, apparent, et l'écriture
de l'adresse la même que celle de l'intérieur ; le tout sous peine de contravention.

Le premier décret fut suivi de l'ordonnance du 3 décembre 1818, annonçant que provisoirement
on émettrait un papier sans filagramme de la dimension ordinaire du papier à lettre et portant un
timbre humide variant de forme à chaque valeur.
On en délivra pour la première fois au public, le 1er janvier 1819.

Ce papier ne dura qu'une année : le 13 novembre 1819, paroi une ordonnance royale le supprimant
à partir du 1 er janvier 1820 et laissant jusqu'au 1 er février la faculté d'en réclamer l'échange
contre un autre à même destination, mais avec addition de quelques ornements et autres détails
que nous spécifierons plus loin.

D'après les renseignements que fournissent les sources officielles, il résulte que ces feuilles servirent
peu; elles se trouvèrent définititivement abrogées par l'article 73 du décret royal du 30 mars
1836, comme conséquence des modifications apportées dans le régime de la correspondance par
l'article 72 de ladite loi.

Nous avons dit que le premier des deux papiers — loi du 7 novembre 1818 — était sans aucun
filagramme. Son seul caractère distinctif consistait en un timbre humide bleu, représentant un courrier
à cheval ? au galop, courant vers la gauche.
Sous le cheval est marquée la valeur « Ci 15 » 25 ou 50. Le timbre de 15 cent, est rond, celui de
25, un ovale placé dans le sens de la longueur, et celui de 50, octogone. Les deux feuilles que nous
en possédons ont un air d'antiquité des plus respectables et ont perdu tout glacé; voici l'un des
types et leurs dimensions :

 


 

25 cent., 30 millimètres de largeur et 25 de hauteur.
50 cent., 28 millimètres de largeur et 24 de hauteur.
De l'émission suivante nous avons été assez heureux que pour obtenir un exemplaire de chacune des trois valeurs.
Malheureusement, nous n'avons la feuille entière que de l'une d'elles, le 25 cent., et encore sont-ce deux
demi-feuilles rajustées. Nous n'avons que la moitié de celle de 15 cent, et un fragment de celle de 50.

Le 15 cent, a 25 millimètres de diamètre ; le -25 cent. 27 de largeur sur 23 de hauteur, et le
50 cent. 24 sur 21.

La feuille dans toute son étendue mesure 26 centimètres sur 40.

Tout autour règne un encadrement de 1 1/4 centimètre de largeur, orné dans les angles d'un filet
grec. Au milieu de la feuille, la tenant ouverte devant soi, est une grande circonférence de 11 centimètres
de diamètre renfermant une aigle couronnée portant sur la poitrine l'écusson de Savoie. Dans
l'angle de gauche supérieur, entre l'encadrement et la circonférence, se lit l'inscription : Direzione;
à droite : générale. Dans celui de gauche inférieur :
Délie; sous l'écusson : régie; à droite : poste.
C'est-à-dire « Direction générale des postes royales »
Dans l'encadrement même, côté supérieur : CORRISPONDENZA AUTORIZZATA ; côté de droite :
IN CORSO; côté du bas : PARTICOLARE PER PEDONI; côté de gauche : ED ALTRE OCCASIONI.
Traduction « Correspondance autorisée en cours particuliers, par piétons et autres occasions. »
Tous les ornements et inscriptions sont en filagramme. Le timbre de la valeur est à relief. C'est
la même figurine et la même forme qu'à l'émission précédente, mais le bord est perlé. Ces feuilles ont
revêtu une teinte jaune qui s'explique par leur âge.
Tels sont ces timbres ou ces enveloppes comme on voudra les nommer, qui prennent le
premier rang parmi les hautes curiosités de l'album.

L'Italie a toujours été la terre promise des trouvailles. On y découvre tous les jours quelque antiquité
contemporaine de Sylla ou de Marius; il nous paraît qu'en fouillant dans ces archives domestiques
qui s'accumulent dans toutes les familles on ferait plus d'une découverte, soit des feuilles dont
nous venons de donner la description, soit de ces timbres rarissimes qui ne se rencontrent plus que
dans quelques collections d'élites.

A propos de la priorité d'invention, voyez à quoi il tient que — à part l'abaissement de la taxe —
M. Rowland Hill (déjà nommé) ne doive rendre à César ce qu'il lui aurait pris.

Si le gouvernement Sarde au lieu de restreindre l'emploi de ces feuilles timbrées aux seules correspondances
non transportées par son administration, l'eût étendu à toutes les lettres en général : la
mesure eût été complète et partant comprise du public ; et le monde eût joui vingt ans plus tôt d'une
institution dont on s'applaudit tous les jours.

Page 21 - HISTOIRE DE QUATRE POINTS.

Page 22 - ART ET MÉTIER.
(Suite. — voir le N° de février.)

- DÉTAILS SUR LES TIMBRES DE LA GUYANE ANGLAISE.

Page 23 - POURQUOI LE TIMBRE-POSTE DE 25 CENT. BLEU DE L'EMPIRE, EST-IL SI RARE ?

Rien n'est plus facile à expliquer :

Tout le monde sait qu'avant l'introduction du timbre-poste en France, l'affranchissement de la
correspondance était une exception à l'usage parmi les négociants, et même dans le monde, où on le
considérait généralement comme une impolitesse.

Ce ne fut que bien longtemps après la réforme postale de 1849, qu'on comprit l'avantage qu'il y
avait à affranchir la correspondance, puisque celle qui ne l'était pas élait frappée d'une surtaxe souvent
onéreuse.

Ce qui le prouve, c'est qu'en examinant de nombreuses liasses de lettres, ainsi que nous avons pu
le faire, on trouve à peine 25 lettres affranchies sur 100, et que ce nombre n'augmente que très-
insensiblement jusqu'en 1860, époque à laquelle l'affranchissement devient la règle.

Le timbre de 25 cent, de la Présidence, qui date du 12 août 1852, se trouve encore sur des lettres
du courant de juin 1854, tandis que le timbre de même valeur de l'Empire a été émis le 3 novembre
1853. Ce dernier qui n'a pu faire son apparition dans le monde qu'après l'entier épuisement
de son prédécesseur, n'a dû avoir que fort peu de jours d'existence, puisque la nouvelle réforme postale
les supprimait absolument tous les deux le 1 er juillet 1854, époque à laquelle fut émis le
timbre de 20 centimes.


De Rives De Seine.

- LES TIMBRES DE CORRIENTES.
Page 24 - DON BERNARDINO RIVADAVIA.

 

N°28
8 pages
Avril 1865

 

Chronique.

Page 26 - LES TIMBRES PERFORES DE L'AUSTRALIE OCCIDENTALE.

Page 27 - TIMBRES ADMINISTRATIFS D'ITALIE.
(Suite et fin. - Voir le N° du 15 décembre 1864)

- LE VAPEUR "ROBERT TODD" ET SES TIMBRES.

Page 28 - ÉTUDE SUR LES TIMBRES DU PÉROU.

Page 32 - ART ET MÉTIER.
(Suite et fin. — Voir le numéro de mars.)

- DON BERNARDINO RIVADAVIA.
(Suite et fin. — Voir le N° du 15 mars)

 

N°29
8 pages
Mai 1865

 

Chronique.

Page 34 - Les Timbres de Maurice.

Les timbres de ce pays sont de ceux sur lesquels on possède le moins de données précises,
partant, ceux qui ouvrent un champ plus vaste aux suppositions hasardées; et certes, on ne s'en est
pas fait faute à leur endroit. Depuis longtemps nous avions l'intention d'en faire l'objet d'une
étude spéciale et approfondie, mais nous avons constamment reculé devant les difficultés de la tâche.
Nous n'avons été déterminé à l'attaquer résolument, qu'à la lecture d'un article sur cette question,
paru dans une feuille parisienne, où l'on rencontre plus d'une inexactitude qu'il importe de rectifier.

Estimant que dans un travail de ce genre l'imagination ne doit jouer aucun rôle, nous nous sommes
attaché a n'avancer un fait qu'avec la preuve à l'appui ; et si parfois nous tirons des conclusions,
elles sont rigoureusement déduites de preuves certaines.

Le Post-office de Maurice est peu obligeant, et n'a guère répondu à nos demandes de renseignements
concernant les dates précises d'émission des timbres : ce côté de la question reste donc,
comme auparavant, un peu vague ; mais quant aux timbres , tous ceux qui nous manquaient nous ont
été prêtés avec beaucoup d'obligeance par nos correspondants, lesquels se sont empressés de faciliter
nos recherches en mettant leur album à notre disposition. Nous devons surtout des remerciements
à M. S... D..., l'auteur de la lettre sur les Maurice, insérée dans notre n° 26, qui, non content
des excellents renseignements qu'il nous a fournis et des types qu'il nous a confiés, a mis à
contribution, pour nous être agréable, les collections de ses amis.

Au résumé, ayant eu sous les yeux tous les types détaillés ci-après, nous pouvons certifier que pas
un d'eux n'est imaginaire et que dans tout ce qui va suivre nous avons soigneusement écarté le conjectural,
les si, les mais, les petit-être et les conditionnels, trop fréquents, selon nous, dans l'article
que nous nous proposons d'analyser, pour n'avancer que des faits suffisamment établis.

Nous n'avons pas encore dit l'origine de la discussion soulevée à propos des Maurice ; son point
de départ est la lettre de M. S... D... (1), cité plus haut, que nous publiâmes en février. Elle fut
longuement réfutée par M. Herpin, collectionneur érudit, sans conteste, dans le journal
Ah, diable ! nous voilà dans un grand embarras.
Faut-il ou ne faut-il pas dire son nom ? Ce cher confrère est d'une discrétion si rare et d'une délicatesse
si outrée, que forcé souvent par les circonstances de contredire d'autres organes de la
timbrophilie , il semble ne le faire qu'à regret et ne les cite que sous les dénominations les plus
vagues. Bien que nous appréciions cette courtoisie exagérée, à sa juste valeur, nous ne nous sentons
pas disposé à l'imiter et, ma foi , nous nommons comme notre contradicteur du moment , le Collectionneur
de timbres-poste. Donc, la valeur des renseignements donnés dans notre n° 26 sur les Maurice
a été contestée dans le journal parisien, et nous venons aujourd'hui défendre de notre mieux notre
correspondant M. S... D..., après avoir, à notre tour, étudié la question dans ses plus minutieux détails.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, la date précise de plusieurs émissions reste douteuse. Les
premiers timbres de Maurice furent émis vers 1851, dit-on. Ils étaient exclusivement réservés à
l'intérieur de l'île. Leur exécution était des plus grossières et ne s'explique pas pour une colonie
de cette importance, qui ne devrait pas se trouver dépourvue de graveur d'un mérite honnête. N'était
son nom de Barnard, éminemment anglais, il semblerait que le mauricien auteur de ce chef-d'œuvre,
se soit vengé à sa manière d'être sujet de sa gracieuse majesté la reine Victoria.

(1) On trouvera quelques différences entre les renseignements donnés par cette lettre et ceux que nous publions
aujourd'hui. La rectification nous avait été envoyée trop tard et lorsque le journal était imprimé.

1851 (?). 1ere émission. 1 type.

 

Type 1, ci-dessous. Effigie diadémée de la reine, tournée vers la gauche, sur fond à lignes
diagonales fortement marquées, allant de droite à gauche et croisées de lignes verticales
très-fines. A gauche les mots : post paid; a droite : Mauritius, allant de bas en haut. Côté supérieur :
Postage; au bas : one penny ou two pence. Imp. coul.

sur papier blanc, rect.
1 penny orange.
2 « bleu-foncé.
2 « bleu-verdâtre.

sur papier blanc, rect.
1 penny orange.
2 « bleu-foncé.
2 « bleu-verdâtre.
La planche étant de douze timbres sur trois rangées, gravés chacun séparément, chaque timbre,
ainsi que les 50 Nouvelle-Calédonie, diffère quelque peu de son voisin. Il en est de même pour
les deux émissions suivantes.

Nous ne notons que la variété la plus tranchée.
Variété de dessin.
Diffère des autres types de la même planche en ce que le fond y est composé de lignes diagonales
croisées.
1 penny, orange.
Cette variété se rencontre peu. Nous en connaissons deux ou trois exemplaires dans des collections
remarquables, dont nous pourrions citer les propriétaires, si de telles citations, à la mode paraît-il
aujourd'hui, ne nous semblaient pas dénuées d'intérêt pour le lecteur. La collection de M. X...,
la collection de M. Z..., pourquoi pas la galerie...? On dit bien la galerie Pourtalès!

Autres variétés.

1er Semblable aux précédents,
sauf que le fond est à lignes
diagonales dans un seul sens,
de droite à gauche et fortement
marquées. Cette variété pro-
vient de ce que les lignes ver-
ticales et celles diagonales al-
lant de gauche à droite, gravées

légèrement par-dessus les premières, s'effacèrent bientôt par suite de l'usure de la planche.

1 penny, orange sur papier blanc.
2 penny, bleu-foncé sur papier blanc.
2 penny, bleu-verdàtre sur papier blanc.
1 penny, orange sur papier bleuté.
1 penny, orange-brunâtre sur papier bleuté.

2° Le long emploi qui a été fait du 1 penny sur bleuté, fait qu'on rencontre beaucoup d'exemplaires
dont le fond est tellement usé qu'il est à peine visible et qu'on les prendrait pour des types réellement
différents; voici les nuances qui en existent :

1 penny, orange.
1 penny, rouille.
1 penny, brun-foncé.
1852 (?). — 2ème émission. 1 type.

Si difficile que cela dût être, ce timbre est encore plus grossièrement fait que ceux de 1851. Un anneau
dans le nez, et l'effigie de la reine Victoria pourrait se prendre pour le portrait d'une souveraine
de la Polynésie; et encore avons-nous vu, il n'y a pas longtemps,- le groupe de la famille
royale de Taïti, et nous devons constater que la reine Pomaré n'a pas le moindre anneau dans
le nez.

Type 2, ci-contre. Effigie de
la reine Victoria, ceinte d'un
bandeau, tournée vers la gau-
che et sur fond à lignes diago-
nales croisées très -serrées. A
gauche : post paid; à droite :
Mauritius , allant de bas en
haut. A la partie supérieure :
Postage en bas : two pence.

Imp. coul. papier blanc. Rect.
2 pence, bleu-foncé.
On a parlé à M. Herpin d'un timbre qui aurait pour inscription de gauche : post-office au lieu de
post-paid, mais on n'a pu le lui montrer, nous dit-il. Sans révoquer son existence en doute , on
nous permettra de n'y croire que lorsque M. Herpin ou toute autre personne notoirement compétente
et autorisée l'aura vu de ses yeux. Tous les jours, sous couleur de renseignements, on nous
cite des timbres qui n'ont jamais existé ailleurs que dans l'imagination trop fertile de collectionneurs
fantaisistes. S'il fallait de chacun entretenir le lecteur, nos quinze colonnes n'y suffiraient pas;
et à force de suppositions et de présomptions de ce genre, avant peu de temps la timbrophilie,
déjà d'une connaissance difficile, deviendrait un inextricable dédale.

1853 (?). — 3 me émission. — 1 type.

Type 3, ci-contre. Effigie de
la reine Victoria , ceinte d'un
bandeau, tournée vers la gau-
che, sur fond à lignes diagona-
les, horizontales et verticales.
A gauche les roots : pust paid;
a droite : Maurilius, allant de
haut en bas; à la partie
supérieure : postage ;

au bas : two pence. Ces quatre inscriptions se trouvent sur un fond semblable à
celui de l'intérieur. Imp. coul. sur papier azuré.
Rect.

2 pence, bleu-verdàtre.
2 pence, bleu-sale.

On croit parfois distinguer dans ce timbre plus de variétés qu'il n'y en a de fait. Les lignes du
fond n'ont pas dans les douze types la même vigueur ; dans quelques-uns elles sont si ténues,
qu'après un tirage plus ou moins considérable, elles faiblissent et deviennent à peine visibles. Néanmoins
à la loupe on en retrouve les traces. Deux timbres de celte planche diffèrent des autres en
un point plus marquant. Le premier a pour fleuron de l'angle inférieur de gauche, deux petites
lignes diagonales croisées, avec un petit rond à leur point d'intersection, l'autre a l'effigie royale
beaucoup mieux faite; le fond est aussi plus régulier.

Ceux-ci clôturent ce que nous appellerons la première classe des timbres de Maurice.

1856 4eme émission. — 1 type.

Type 4, ci-contre. Déesse
Britannia assise, tenant une
lance à la main et se reposant
sur son bouclier.
On entrevoit dessinées sur le
bouclier, les armoiries du pa-
-villon anglais, dites «Union-
Jack », composées des croix de

saint Georges, saint André et saint Patrick. Le casque de la déesse porte une étoile. Imp. coul. papier
bleuté. Rect. Point de valeur indiquée. Rouge-brun (6 pence).

Timbres semblables, papier blanc.

Vert (4 pence).
Vermillon (6 pence).
Gris-lilas (essai).
Juin 1859. — 6me émission.
Violet (9 pence).

Ce timbre servait à l'affranchissement des lettres pour l'Angleterre, voie de Marseille.

Avant d'admettre les nuances verte et vermillon, on tira des essais en diverses couleurs. Tous furent
détruits, à l'exception de quelques exemplaires gris-lilas conservés par des employés. Il y eu
eut d'annulés au moyen d'une griffe à barres transversales, au milieu desquelles se lit le mot « cancelled »
(annulé) ou B 53. Le gris est la couleur primitive du timbre; il n'est pas dû au chlore,
comme le pense M. Herpin.

Le désaccord est complet entre M. Herpin et nous, sur les valeurs énumérées plus haut. Voici
celles qu'il donne comme véritables :

Rouge, 1 penny; vert, 6 pence et violet, 1 sh.

Notre honorable contradicteur avoue n'avoir pu obtenir de renseignements au Post-office; il base
son raisonnement sur des suppositions dont il croit trouver la confirmation dans un chiffre 6, qui marque
par hasard le revers d'un timbre vert. Nous tenons nos informations de M. Pearson-Hill, l'ancien administrateur
des postes, collectionneur lui-même; notre version provient donc de source plus certaine;
tachons maintenant de démontrer qu'elle est justifiée par les faits.

A l'époque où les timbres déesse , sans valeur indiquée, arrivèrent à Maurice, cette île possédait
2 timbres : les 1 penny et 2 pence (voir type 1).

Les nombreuses modifications subies par ce dernier prouvent assez que l'administration n'était
point avare de changements. Si donc, comme le dit M. Herpin, le vermillon nouvel arrivant était destiné
a remplacer le 1 penny, pourquoi n'aurait-on pas remplacé par la même occasion le 2 pence, en
faveur duquel ne plaidait aucun mérite particulier ?
Et puis, comment expliquera-t-on la coexistence de deux un penny, car les deux timbres vécurent
l'un à côté de l'autre fort longtemps, quoiqu'en dise la feuille parisienne ? — Sa version, suivant
laquelle le public de Maurice aurait témoigné des préférences pour l'ancien modèle, est aussi peu
admissible, en ce sens que le public est rarement consulté pour ces choses-là.

Passons au vert, 6 pence, pour le correspondant parisien et 4 pence pour nous.

Voici ce qu'il advint à ce type. L'administration y fit ajouter au moyen d'une grille, une inscription
cintrée indiquant la valeur, 4 pence. Cette inscription supplémentaire fut supprimée peu de
temps après , comme étant à peine visible et donnant un surcroit de besogne inutile aux employés.
Il est bon de remarquer que ces raisons sont admises par M. Herpin, qui ajoute que quelques
feuilles seulement ont été marquées de la griffe.
Suivant lui, on aurait donc supprimé une valeur jugée utile, — puisqu'elle venait d'être émise,
et cela pour éviter quelque besogne aux employés.
C'eût été faire montre d'une grande sollicitude pour ces messieurs , mais c'est invraisemblable, on en
conviendra. A notre avis, la griffe étant inutile, sa suppression n'entraîna aucune modification et le
timbre resta ce qu'il était, c'est-à-dire 4 pence.
Nous ne pensons pas qu'il y ait rien à opposer à ce raisonnement.

Ouvrons ici une parenthèse pour citer une lettre de Maurice de 1857, dont nous ne prévoyions
pas l'utilité et que nous avons malheureusement brûlée, il y a quelques mois, avec une foule d'autres.
Elles contenait, collés dans l'ordre suivant :
Comme 1 penny, le type 1.
Comme 4 pence, le type 5.
Comme vermillon, le type 4.

Ces trois timbres nous étaient envoyés comme valeurs différentes. Notre mémoire n'est pas assez
fidèle quant à la valeur du vermillon, nous savons seulement qu'elle était supérieure aux deux autres.

Reste encore le violet, auquel le journal français attribue la valeur de 1 shilling, et le nôtre celle
de 9 pence.

L'argument principal de M. Herpin est aussi péremptoire pour le violet que pour le vert. « Le
violet vaut 1 sh., parce que le Post-Office sait, qu'il est de règle que les correspondances des pays éloignés
gagnent en pesanteur ce qui leur manque en fréquence. »

Partant de ce principe, il donnerait à l'un des trois Sainte Lucie qui viennent d'être supprimés
et qui ne portaient aucune indication de valeur, celle de 1 sh. que n'avait aucun de ces trois timbres.
D'après ses renseignements, les trois Maurice ont été supprimés à l'arrivée des 6 pence bleu et
1 sh. vermillon. Comment le correspondant parisien peut-il parler d'une manière si affirmative! Il
ignore, même approximativement , la date de cette arrivée. D'ailleurs, il s'abuse, car bien longtemps
après nous avons continué à recevoir des violets, le vermillon et le vert ayant été seuls supprimés;
c'est ce que prouve, au reste, la rareté plus grande de ces deux derniers. Le violet ayant continué à
vivre côte à côte avec le 1 sh., ne pouvait donc être 1 sh. : l'un des deux eût fait double emploi.

Les valeurs que nous assignons aux Maurice sont donc les véritables à l'exclusion de celles
données par M. Herpin.

Relativement à la teinte des timbres, nous sommes aussi en dissentiment. Les 2 pence, types 1
et 2, sont désignés par notre contradicteur comme étant sur papier légèrement azuré, tandis qu'ils
sont sur papier blanc. Il est possible que les exemplaires possédés par M. Herpin aient la teinte qu'il
désigne, mais elle provient de ce que la couleur de l'impression s'est étendue sur le papier, par suite
de l'inexpérience ou de la négligence de l'imprimeur, qui n'aurait pas bien essuyé la planche. Les
renseignements qu'a obtenu M. Herpin, lui assurent qu'un seul envoi du timbre déesse, vermillon,
a été fait d'Angleterre. Les deux timbres, rouge sur bleuté et vermillon sur blanc, prouvent qu'il y
a eu au moins deux envois, aucune colonie n'ayant jamais reçu à la fois, dans la même expédition,
des timbres de même valeur, de deux nuances et sur deux papiers différents.

 

Type 5, ci-contre. Ne diffère
des précédents que par la griffe
indicatrice de la valeur
4 pence, vert.

Nous avons cru longtemps,
comme tout le monde, à l'exi-
stence d'un 8 pence violet,

marqué comme le 4 pence. Ce timbre n'a jamais existé.
Nous savons bien qu'il circule des violets auxquels on a appliqué l'inscription « Eight pence. »
La collection — la galerie — Donatis en possède un — mais ce sont des timbres fictifs, qu'il est on
ne peut plus facile de fabriquer. Voici, au reste , une preuve incontestable que ce timbre est bien
imaginaire.

M. Pearson Hill, administrateur des postes à Maurice, de qui nous tenons une grande partie de
nos renseignements, a émis, nous dit-il, vers le milieu de 1859, le timbre violet qui valait 9 pence.
La griffe indiquant la valeur ayant été employée en 1857, il n'est pas possible qu'on ait marqué
ledit timbre violet deux ans avant sa mise en circulation.

6 eme émission, (voyez type 4.)
7eme , 10eme et 12eme émission. — 1 type.

Type 6, ci-contre. Même
dessin que le précédent, sauf
que l'inscription « Mauri-
tius » est au haut et celle
de la valeur, au bas. Imp.
coul. papier blanc. Recl.

 

1859. — 7eme émission. 1862. — 10eme émission.
6 pence, bleu. 6 pence, brun- violet.
1 sh., vermillon. 1 sh., vert-olive.


1863. 12me émission.

Timbres semblables, dentelés.

6 pence, ardoise.
1 shilling, vert-foncé.

Il circule un timbre de 1 sh. brun, provenant du 1 sh. vermillon ou du 1 sh. vert, soumis tous
deux à une action chimique, à l'instar du 3 p. brun de Sydney, jadis vert, qui a subi la même opération.

On rencontre aussi des 1 sh. brun, qui sont d'anciens vermillons changés par l'eau de la mer.

1859 - 8eme émission. — 1 type.

Type 7, ci-contre. Effigie
diadémée de la reine Victo-
ria, tournée vers la gauche.
Au haut, l'inscription : Mau-
ritius; au bas : one penny
ou two pence. A droite et à
gauche un filet grec. Imp.
coul. papier blanc. Rect.


1 penny, vermillon.
1 penny rouge-brique.
2 penny bleu.

Ces deux valeurs ont été gravées sur bois et reportées sur pierre. Il n'y a eu qu'une seule gravure
de chaque valeur. Elles diffèrent entre elles par le nombre de festons de l'encadrement grec. Le
1 penny à 5 1/2 festons intérieurs à droite et 3 1/2 à gauche ; 6 extérieurs a droite et 7 à gauche.
Le 2 pence, 5 festons intérieurs de chaque côté, 4 1/2 extérieurs a droite et 5 1/2 à gauche.

9eme, 11eme , 13eme et 14eme émission. — 1 type.

Type 8, ci -contre. Effigie
diadémée de la reine Victoria,
tournée vers la gauche et dans
un ovale. Au-dessus, en cintre,
l'inscription : Mauritius; au-
dessous la valeur, également en
cintre, et en toutes lettres. Fond
d'un très-joli dessin. Imp. coul.
papier blanc, sans filagramme.
Rect. Dentelé.


1861. — 9eme émission.

1 penny, brun-clair. 4 pence, rose
2 penny, bleu 9 pence, lilas


1862. — 11eme émission.

6 pence, vert. 1 shilling, jaune.


1863. — 13eme émission.

6 pence, lilas-clair. 1 shilling, vert.


Septembre 1863. — 14eme émission.

Même type. Imp. coul. sur papier blanc. Couronne en filagramme surmontant les lettres C. C.
(Crown s Colonies.) Rect. dentelé.

1 penny, brun clair 6 pence, lilas-clair
2 penny, bleu 9 pence, lilas
3 penny, vermillon 1 shilling, jaune
4 penny, rose 5 shilling, violet-vif

Ces huit derniers timbres sont encore en usage aujourd'hui. Le jaune, 1 sh., un instant remplacé
par le 1 sh. vert, fut remis peu de temps après en circulation. L'administration s'aperçut sans doute
qu'elle s'était fourvoyée en créant deux timbres de même nuance et de valeurs différentes : le 6 pence
et le 1 sh. tous deux verts.

Nous remarquons que les 6 pence, 1 et 5 sh. ont de chaque côté de l'ovale un petit chiffre
microscopique incliquant leur valeur.

10 me emission. Voyez type 6.
11me emission. Voyez type 8.
12me emission. Voyez type 6.
13me et 14me emission. Voyez type 8.


ENVELOPPES.

Type9, ci-contre. Effi-
gie diadémée, à relief, de
la reine Victoria, tour-
née vers la gauche, dans
un octogone entouré lui-
même d'une circonfé-
rence. Dans la moitié
supérieure de la circon-
férence , l'inscription :

Mauritius Postage; au bas : six pence, lmp. coul.

papier azuré.

Janvier 1862, 6 p. brun-violet. | Juin 1863, 6 p. violet-clair.

Cette dernière nuance a été substituée à la pre-
mière.

Type 10, ci-contre. En-
néagone irrégulier à côtés
concaves. Au milieu, effi-
gie delà reine, couronnée
et à relief. Au haut, l'in-
scription : Mauritius ; au
bas : postage. A droite :
nine; à gauche : pence.
lmp. coul. papier bleuté.


Janvier 1862. — 9 pence, brun foncé.

Type 11, ci-contre. Septem-
bre 1863. Effigie diadémée
à relief, de la reine Victoria.
lmp. coul. papier bleuté.
Ovale. A la partie supérieure,
l'inscription : Mauritius pos-
tage; au bas : one shilling.

Les deux modèles précédents soin infiniment plus gracieux.

1 sh. jaune d'or,

Cette dernière valeur, supprimée aujourd'hui, a été peu employée. Elle se trouvait imprimée, ainsi
que le 6 p. violet-clair, sur enveloppes de grand format; les 6 pence, brun-violet et 9 pence, brun-
foncé, sur enveloppes de petit format.

Page 39 - LA RÉPUBLIQUE DE LIBÉRIA.

 

N°30
8 pages
Juin 1865

 

Chronique.

Page 43 - SUITE DE L'HISTOIRE DE QUATRE POINTS.
(Voir notre no 27.)

- LE MOT D'UNE ÉNIGME.

India, Half anna :

Comme tout le monde, nous avons cru longtemps au 1/2 anna rouge, et avec d'autant plus de fermeté que nous en avions possédé
un exemplaire il y a sept à huit ans, époque à laquelle on ne songeait guère aux contrefaçons.
D'après les renseignements que nous avons reçus, nous avons aujourd'hui la certitude que ce timbre n'a pas eu cours légal et qu'il
est simplement un essai — mais un essai de la bonne espèce. Ce qui vient corroborer notre opinion,
c'est que l'exemplaire que nous avons sous les yeux, le même que nous avons eu jadis, porte
écrites à la main, les trois lettres ENS, que nous supposons être la terminaison du mot «spécimens»;
le commencement devait se trouver sur les timbres voisins. Cet essai a été imprimé sur le même papier
que le 1/2 anna bleu et a par conséquent le filagramme ci-bas dans la largeur de la feuille...

Page 44 - DÉTAILS SUR LE SERVICE DES POSTES ET LES TIMBRES DE L'URUGUAY.

Page 47 - LES ESSAIS DE TOSCANE.

- LE PASSAGE DE GIBRALTAR.

Page 48 - A PROPOS DE NOTRE ARTICLE :
QUEL EST L'INVENTEUR DU TIMBRE-POSTE ?

Paris le 2 juin 1865,

Monsieur et cher Confrère,

Je viens, à charge de revanche, vous prier de me prêter, pendant un moment, un petit coin de votre journal, pour y
placer une rectification que je rendrai aussi brève que possible.

Dans le Timbre-Poste du 15 mars dernier, vous parliez de la découverte que l'on a faite, tout récemment, d'un papier
postal timbré, que je commence par déclarer on ne peut plus intéressant au point de vue de l'histoire des postes, mais
sur lequel, permettez-moi de vous le dire, vous vous êtes complètement mépris, ce qui vous a porté à tirer des conclusions
contre lesquelles je viens m'inscrire.

A propos de ce papier timbré, vous rappelez les essais de Velayer en France, en 1653, et les tentatives de M. de Treffenberg,
en Suède, en 1823, pour établir un mode d'affranchissement de lettres, et enfin l'adoption du système timbro-postal
de M. Rowland Hill, mais vous semblez dénier à ce dernier le mérite de l'invention du timbre-poste, pour l'attribuer
au créateur du papier postal timbré de 1818 ; c'est là où commence l'erreur.

Le papier postal timbré, ainsi qu'il ressort du texte même que vous rapportez, n'était nullement une marque d'affranchissement,
chissement, mais tout simplement une taxe à payer, moyennant laquelle taxe tout particulier était autorisé à faire
transporter, par qui bon lui semblait, les correspondances écrites sur ledit papier. Mais si, sur ce même papier timbré,
on avait écrit une lettre et que cette lettre eût été jetée à la boite, nul doute que le destinataire n'eût eu à en acquitter
le port, tout comme si elle avait été écrite sur une feuille blanche, car on payait 15, 25 ou 50 centimes, non pour faire
parcourir franco une lettre par la poste, mais bien pour avoir la latitude de la faire transporter par des personnes étrangères
à cette administration et dans des conditions particulières.

S'il ne s'était agi que de Velayer et du novateur Suédois, je ne ferais pas une réclame pour eux, ne les reconnaissant
pas plus pour les inventeurs du système timbro-postal que je ne reconnais pour applicateurs de la vapeur, tous ceux
qui ont précédé Robert Fulton, mais il est question de M. Rowland Hill auquel appartient seul l'honneur tout entier,
d'avoir donné au monde le timbre-poste et je tenais à dire ici que cette invention ne date ni de 1653, ni de 1818,
ni enfin de 1823, mais seulement de 1840, époque à laquelle parurent les premiers timbres anglais.

Je devais faire cette rectification d'abord pour rendre, comme vous le dites, à César ce qui lui appartient et ensuite
pour payer un nouveau tribut d'admiration à l'homme sous l'égide duquel j'ai placé ma modeste feuille et auquel
nous ne saurions témoigner trop de reconnaissance.

Je compte, cher confrère, sur votre impartialité habituelle pour insérer ces quelques lignes.

Je vous salue cordialement.


PIERRE MAHE.

Page 48 - UN TIMBRE PROBLÉMATIQUE.

- DES COURRIERS ET PORTEURS DE LETTRES DANS L'INDE.

 

N°31
8 pages
Juillet 1865

 

Chronique.

...

Dans notre article sur Maurice (N°de mai), nous avons révoqué en doute l'existence d'un 8 pence
avec inscription cintrée, contrairement à l'opinion de M. Herpin qui connaît un type semblable qu'il
prétend authentique. Pendant cette polémique, qui s'est étendue autant en lettres particulières qu'en
articles de journaux, nous soumîmes un jour à notre honorable contradicteur, un 8 pence avec
l'inscription supplémentaire de notre fabrication.
C'était un piège que nous lui tendions, comme nous le lui avons du reste avoué après. Avec la perspicacité
que nous lui avons toujours reconnue, il n'y donna pas et devina notre supercherie. Il en prend
texte aujourd'hui pour argumenter en faveur de son timbre. Nous ne voyons pas cependant qu'il y
ait lieu, car s'il a découvert notre petite ruse, qu'est-ce que cela prouve? Que son timbre soit
bon? Nullement, mais qu'il est différent du nôtre, pas autre chose.

Puisque nous parlons Maurice, disons un mot de ce prétendu timbre portant par erreur l'inscrip-
tion Post-Office au lieu de Post-Paid. Un de nos correspondants affirmait le posséder ainsi qu'un
1 penny avec la même faute. Il se faisait fort de nous les montrer; malheureusement quand nous
l'avons prié de produire ces deux phénomènes, il a trouvé toutes sortes de prétextes pour ne pas
s'exécuter. Il a négligé le meilleur et le plus évident pour nous : c'est qu'il n'a jamais vu de timbres
semblables.

Le possesseur du pseudo-timbre de Vandiemen, mentionné dans notre dernier numéro, nous observe
que son type est oblitéré et qu'il a été regardé comme authentique par divers amateurs de
Paris. N'en déplaise à ces messieurs, nous n'oserions nous prononcer dans le même sens, quelque
soit le poids de leur appréciation.

...

Page 51 - DES TIMBRES DES ILES PHILIPPINES, DITS : DE LUÇON.

Page 55 - LE 2 PENCE, BRUN, DE VICTORIA.

- LE CORREO CONGRESO DE LOS DIPUTADOS.

Page 56 - UNE BONNE TROUVAILLE.

- DÉTAILS HISTORIQUES SUR LES POSTES D'ITALIE.
(Suite. — Voir le N° du 15 février.)

 

N°32
8 pages
Aout 1865

 

Chronique.

Page 59 - L'ILE DE LA TRINITÉ ET SES TIMBRES.

Page 60 - DEUX MYTHES.

Timbres de Zurich.

Page 61 - LE SERVICE DES POSTES AU CAP DE BONNE -ESPERANCE.

Page 62 - UNE HISTOIRE TÉNÉBREUSE.

Page 63 - DÉTAILS HISTORIQUES SUR LES POSTES D'ITALIE.
(Suite. — Voir le N° de juillet )

Page 64 - LES BERGEDORF PÉRIMÉS.

 

N°33
8 pages
Septembre 1865

 

Chronique.

Page 67 - PAR-CI PAR-LA.

Page 68 - QUELQUES DÉTAILS SUR LES POSTES ET LES TIMBRES DU ROYAUME HAWAIIEN.

Page 72 - A PROPOS DE NOTRE ARTICLE
« Le PASSAGE DE GIBRALTAR.» par De Rives de Seine.

- LE TIMBRE VINICOLE.

 

N°34
8 pages
Octobre 1865

 

Chronique.

...

Colonies françaises. Depuis la fin septembre, des 20 c, bleus, et 80 c, carmins, ont été expédiés
aux colonies : nous en aurons donc bientôt.

...

Page 76 - ENFIN !
Voici quelque chose d'officiel concernant les timbres de Belgique.

- REVUE DES TIMBRES DE LA GUYANE ANGLAISE.

Page 79 - FILIGRANE ET FILAGRAMME.

- LE 4 PENCE DE VICTORIA.

avec l'inscription « five shillings » en filagramme.  
Page 80 - EMPLOI DU 1 CENTIME DE BELGIQUE.

- SUR LES SOI-DISANT TIMBRES DE GIBRALTAR, par Léon Chandelier.

 

N°35
8 pages
Novembre 1865

 

Chronique.

Page 83 - ENCORE UNE VARIÉTÉ.

...

il leur arrive un beau matin, de la part d'un bienveillant lecteur, une petite
vignette dont le premier aspect n'a rien de particulier, mais qui, néanmoins, est un nouveau
type, parce que...— Vous allez voir s'il devrait être permis pour si peu de compromettre l'autorité des
Manuels — parce que, dans ce type, le fleuron d'un des angles penche un peu plus vers la droite
que le fleuron correspondant du timbre connu; parce qu'une étoile qui se trouve n'importe où a
six rayons au lieu d'en avoir sept; enfin des parce que microscopiques, qui semblent faits exprès pour
prendre en flagrant délit d'ignorance les docteurs ès-timbrophilie. — Et ces minuties ont une valeur
que nous sommes les premiers à apprécier; car si parfois elles mettent à néant une classification péniblement
élaborée, bien souvent, par contre, elles servent de jalons, de fil conducteur au milieu d'un
dédale qui se complique avec les années. — Voilà pourquoi nous remercions de nouveau les per-
sonnes qui veulent bien nous faire part de leurs observations.

Donc il s'agit d'une nouvelle variété.

On connaît le 5 cent., brun, des États-Unis,
émission du 5 janvier 1856.

...

Page 84 - Le nouveau timbre de Belgique.

Page 86 - UNE FOULE DE COUPS D'ÉPÉE DANS L'EAU.

A Propos du Timbrophile de M. MAHÉ.

Page 87 - LES TIMBRES « POST-OFFICE » DE MAURICE.

Dans l'article que nous avons consacré à l'examen détaillé des timbres de Maurice (voir numéro
de mai) , nous parlions d'un timbre assez problématique de la seconde émission , qui aurait porté
l'inscription Post office au lieu de Post paid. Son existence avait été révélée par M. Herpin, qui en
avait même donné le fac-similé, bientôt reproduit par quelques journaux qui puisent volontiers leurs
renseignements un peu partout, sans trop s'attacher à leur exactitude. Nous y mîmes plus de circonspection
et, suivant nos paroles d'alors , sans nier le moins du monde la réalité de ce type, nous exprimions
le désir d'en juger par nos yeux ou ceux d'une personne dûment aulorisée. Un de nos abonnés
se trouva heureusement en posséder deux exemplaires et se disposait très-obligeamment à
nous les soumettre, quand diverses circonstances indépendantes de sa volonté relardèrent jusqu'à-
aujourd'hui la mise à exécution de sa promesse. Maintenant que nous avons reçu les pièces du procès,
nous pouvons en causer avec un peu plus de connaissance de cause.

Disons tout d'abord que ces deux timbres, un 1 penny et un 2 pence, sont très-authentiques ;
seulement, preuve que notre réserve à accepter les nouveaux venus n'était pas hors de saison , ils
n'appartiennent pas à la 2 e émission (effigie à bandeau), mais à la première (effigie à diadème).

Le 1 penny a le fond composé de lignes verticales croisées de lignes diagonales allant de droite
à gauche. Les mots Post office, qui se trouvent à gauche, sont de caractères plus petits que ceux
des autres inscriptions. Les quatre dernières lettres du mot Postage, placé au haut, sont plus
grandes que les trois premières. Nuance orange.

Au 2 pence, les diagonales du tond vont de gauche à droite. Les inscriptions sont plus ou moins
de même grandeur. La nuance est bleu-foncé. En somme , ce sont bel et bien deux coins différents.

On s'est maintenant demandé si l'inscription de Post office qui constitue seule l'originalité de ces
timbres, est due à une bévue du graveur. M. Herpin, dans le Collectionneur de timbres-poste , l'affirme.
« Il a été fait, dit-il, douze timbres de chaque valeur, et à l'un des douze l'on a mis par
inadvertance Post office au lieu de Post paid. »
Nous avons la mauvaise fortune, encore aujourd'hui , d'être d'une opinion diamétralement opposée.
En thèse générale, on voudra bien remarquer que toutes les erreurs, fautes d'impression, de
gravure, de transport, etc., etc., que l'on connaît, portent ou sur la façon d'orthographier les mots,
ou sur un chiffre ou sur d'autres menus détails.
A notre connaissance, il n'est pas d'exemple de la substitution d'un mot tout entier à un autre mot.
Cela s'explique parfaitement : les administrations ne laisseraient pas passer une erreur aussi grave.
Cependant nous sommes prêts à reconnaître la possibilité d'une telle erreur, mais non dans le
cas actuel et dans les circonstances que rapporte M. Herpin.
En effet, il y a deux planches de 12 timbres; le graveur en commence une, il se trompe à son premier
timbre, s'en aperçoit et se corrige dans les suivants. Peut-on croire un instant qu'il aille répéter
la même faute sur la seconde planche et à la même place ? Ce ne serait plus du hasard, mais de
la bonne volonté. Objectcra-t-on que la première planche étant faite, on a pu charger un autre graveur
de la copier en modifiant seulement la valeur ? Mais les dessins du 2 p. diffèrent tous de ceux du
1 p. En un mot, de quelque manière que l'on lâche de reconstruire les faits tels qu'ils ont dû se
passer alors et que l'on étudie cette question d'archéologie postale , il en ressort pour nous l'évidence
que ce fameux « post-office » ne se trouve pas là accidentellement. Il a certainement une
signification qui nous échappe encore. Nous présumons, quant à nous, qu'il marquait un timbre
officiel, tel que le VR d'Angleterre : c'est une hypothèse que nous soumettons à l'appréciation de nos
lecteurs, espérant que leurs lumières ou des informations ultérieures nous apprendront si elle est
ou non fondée.

Les deux exemplaires
en question ont été dé-
tachés de la même let-
tre; ils portent la mar-
que d'annulation ci-dessus,

qui s'étend en partie sur chacun d'eux.

Page 88 - LE FOGLI ESTERI DE PIÉMONT.

- LE CURÉ HIDALGO.

 

N°36
8 pages
Décembre 1865

 

Chronique.

Page 91 - LES TIMBRES DE VICTORIA.

Page 93 - LES NOUVELLES DISPOSITIONS POSTALES DE L'URUGUAY.

Page 96 - LE LION DE FLORENCE.